Monsieur Gac - Gregory Augendre-Cambon
Dans cette série de natures mortes photographiques, je dialogue avec l’histoire de la peinture, en écho aux maîtres hollandais du XVIIe siècle, tels que Pieter Claesz (1597–1660) ou Willem Kalf (1619–1693), ainsi qu’à la sensibilité silencieuse de Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699–1779) au XVIIIe siècle. Là où leurs compositions étaient riches et foisonnantes, j’ai choisi l’épure : un objet, un sujet, une présence.
La lumière est au cœur de mon approche. Inspirée par celle de Johannes Vermeer (1632–1675), elle provient toujours d’une fenêtre située à gauche, glissant en oblique sur la matière. Je photographie à 10 heures du matin, fidèle à ce rendez-vous quotidien avec une lumière changeante, offerte par la nature elle-même.
Le décor est constant : un mur gris à la chaux, subtilement teinté de bleu, dont les nuances varient selon l’intensité du jour. Le sujet repose sur un plateau en acier oxydé, posé sur une colonne, objet unique façonné par mon père — ancrage intime dans ce travail.
Je transforme peu l’image, sinon pour en accentuer le grain, afin de tendre vers une vibration picturale. Cette sensation est également le fruit d’un travail de recherche mené avec le laboratoire photographique avec lequel je collabore. Ensemble, nous avons cherché le support capable de restituer au plus juste la matière et la profondeur que je souhaitais obtenir. Nous avons trouvé un papier épais, mat et gaufré, proche du papier d’aquarelliste, qui boit beaucoup plus d’encre qu’un papier traditionnel. Cette absorption particulière permet d’ajouter une densité et une texture supplémentaires à l’image, troublant encore davantage la frontière entre photographie et peinture.
























